Avant même de commencer à travailler le verre, le verrier fondeur engage une phase de réflexion. Il prend en compte la finalité de l’objet, qu’il soit décoratif, fonctionnel ou artistique. Cette phase inclut la conception des formes, des textures et de l’utilisation de la lumière, car le verre possède une transparence qui impacte la manière dont l’objet sera perçu. Le choix des techniques, des matériaux, des pigments, ainsi que la maîtrise des courbes de cuisson et des processus de fusion sont également réfléchis à cette étape. Le verrier fondeur n’hésite pas à innover afin de trouver comment produire sa pièce ou comment obtenir l’effet esthétique souhaité.
Selon la complexité de l’objet ou de la technique qu’il souhaite utiliser, le verrier fondeur crée un modèle à taille réelle de sa pièce. Le plus souvent, ce dernier est réalisé en cire ou en argile. Ce modèle est ensuite utilisé pour fabriquer un moule, généralement en plâtre réfractaire.
Chaque professionnel fondeur de verre peut combiner, améliorer et combiner ses propres techniques. Voici les principales spécialités de ce métier d’art.
Le thermoformage
À partir d’un verre plat, le bombeur réalise un verre courbé pouvant aller de 1 à 180 degrés. Il déforme le verre en le chauffant sur un moule sans en transformer l'épaisseur ni la surface. (Voir la fiche métier « Bombeur / bombeuse » pour en savoir plus sur cette spécialité.)
La pâte de verre
Le fondeur en pâte de verre travaille ce matériau à froid. Il se présente le plus souvent sous la forme de petits palets de 10 cm de diamètre. Le fondeur calcule la quantité de verre dont il a besoin par rapport au volume d’eau que son moule peut contenir. Par exemple, pour 1 litre d’eau, il faut 2,7 kg de verre et 3,6 kg de cristal. La pâte de verre est ensuite vitrifiée par la cuisson du verre de coulée.
Le fusing
Le fondeur par fusion assemble par superposition des morceaux de verre à froid, dans lesquels il inclut ou non des pigments. Puis, il porte l'ensemble dans un four à son point de fusion pour former une seule pièce homogène. Il peut réaliser autant de cuissons que d’assemblages nécessaires.
Le formage à chaud
Le mouleur place le verre en fusion dans un moule ouvert ou fermé à un stade de viscosité qui lui permet d'en épouser les moindres détails.
Une fois le four refroidi, le verrier fondeur démoule l'objet avec d’infinies précautions, et procède aux finitions. Cela peut inclure notamment du polissage, du ponçage, ou encore de la gravure.
Le verrier fondeur est doté d’une grande capacité de réflexion pour conceptualiser l'objet à créer. Il s’agit non seulement d’un travail esthétique, voire conceptuel, quand il s’inscrit dans une démarche artistique, mais aussi technique. Le verrier fondeur sait aussi se laisser surprendre par la matière, quand elle sort du four.
Travailler avec des températures extrêmes et des matériaux délicats requiert une expertise technique approfondie. Le verrier fondeur doit maîtriser les processus de fusion, la gestion des fours, ainsi que les techniques de moulage. La précision dans le calcul des volumes de verre nécessaires et la manipulation des matériaux sont des compétences essentielles, ce serait-ce que pour limiter au maximum les pertes.
En plus de la technique pure, le verrier fondeur sait travailler de manière autonome. Il doit gérer la création, la production, la communication et la vente de ses œuvres, notamment s’il exerce de façon indépendante.
Le verrier fondeur travaille généralement dans un atelier. Entre autres matériels, il est équipé de fours de fusion. Son espace de travail doit être bien ventilé pour évacuer les fumées toxiques générées par certaines étapes de production, notamment la cire perdue. Cet environnement peut être partagé avec d’autres artisans, ou être propre au professionnel s’il travaille de manière autonome.
La plupart des verriers fondeurs exercent en tant qu’indépendants. Certains choisissent un statut d'artiste à la Maison des Artistes, tandis que d'autres évoluent dans des structures d’artisanat ou d'industries créatives.
Le verrier fondeur peut se concentrer sur la production de pièces originales, souvent créées en exemplaire unique ou en petites séries. Elles sont destinées à des collectionneurs, ou réalisées sur commande pour des projets spécifiques. Certains verriers fondeurs choisissent également de s'orienter vers des projets d'envergure, répondant à des commandes publiques ou privées, comme Udo Zembok, par exemple. Ces projets peuvent inclure des œuvres monumentales destinées à des institutions, des monuments ou des espaces publics. Ils sont souvent réalisés en collaboration avec des architectes ou des designers. En outre, les verriers fondeurs expérimentés ont la possibilité de transmettre leur savoir en enseignant dans des écoles spécialisées, ou en animant des ateliers et des stages. Ils partagent ainsi leurs techniques et leur expertise avec de nouveaux artisans ou aspirants verriers.
Les contraintes énergétiques et la raréfaction de certains matériaux rendent la pratique non seulement plus difficile, mais aussi plus coûteuse. En termes de projets, le verrier fondeur peut s’investir dans des travaux très divers, allant de la création de petites pièces décoratives jusqu'à la réalisation d'œuvres monumentales intégrées à l'architecture. Cependant, l'incertitude des ventes ou des collaborations artistiques est une réalité à laquelle il doit faire face, car le marché de l'art est imprévisible, et les appels à projets très irréguliers.