Le vannier peut être amené à travailler différentes tiges fines et flexibles comme le rotin, la paille, le raphia, le roseau ou encore la baguette de bois en fonction de l’effet recherché. Cependant, l'osier, c’est-à-dire les jeunes pousses provenant du saule, reste le matériau traditionnel de choix utilisé pour la confection des objets décoratifs ou utilitaires.
Certains vanniers ont la double casquette avec le métier d’osiériculteur, c’est-à-dire qu’ils font pousser eux-mêmes l’osier qu’ils utiliseront pour la confection de leurs objets en vannerie. La récolte d’osier s’effectue d’ordinaire de décembre à février. Avec le bouleversement climatique, il n’est pas rare qu’aujourd’hui, la récolte se fasse de novembre à mars. Il existe plus de 450 variétés de saules aux teintes différentes qui produiront des écorces blondes, brunes ou encore cuivrées. Il est également possible de teindre les fibres végétales.
Pour travailler la fibre sélectionnée dans un ouvrage, le vannier doit préparer la matière. Pour cela, il fait tremper les tiges dans l’eau pour les assouplir. L’osier blanc (pour lequel l’écorce a été retirée) doit être immergé entre deux et cinq heures pour pouvoir être travaillé. L’osier brut, toujours habillé de son écorce, doit, quant à lui, rester immerger de quelques jours à plusieurs semaines (trois semaines pour les plus rigides).
Le vannier travaille avec ses mains et est souvent accroupi, assis sur un siège bas. L'objet qu'il fabrique est maintenu entre ses genoux, ou bien est placé sur une simple planche inclinée devant lui (l'établi) afin que l’eau puisse ruisseler au sol et ne pas stagner. Pour réaliser les contenants (paniers, présentoirs de boulangerie) ou le mobilier (malles, berceaux) le vannier utilise différentes techniques d’assemblages de brins tressés et entrelacés.
Les principaux types de vannerie sont : en plein (les brins sont entrelacés en se superposant horizontalement avec continuité), à jour (les brins parallèles sont reliés entre eux de façon continue, chacun des brins étant séparé de son voisin par un intervalle), d’éclisse (l’osier est fendu en trois grâce à un outil que l’on appelle fendoir et qui sert à se débarrasser de la moelle de l’osier).
Pour tresser et entrelacer, le vannier, s’aide, tout au long du processus de fabrication de différents outils : la serpette (petit couteau à la lame courbée) pour tailler les brins, le poinçon pour écarter les brins et insérer à tout moment des poignées ou créer des renforts si nécessaire, la batte pour tasser, serrer et redresser le travail, le sécateur pour couper les morceaux de brins superflus et rendre le travail propre. Pendant tout l’assemblage, le travail est régulièrement réhumidifié pour conserver toute sa souplesse. Une fois l’ouvrage achevé, le temps et la lumière apporteront une patine naturelle.
Le vannier dispose de véritables qualités créatives, puisqu'il est en mesure de proposer des créations originales. Il peut transposer ses idées sur papier en réalisant des croquis. Il peut créer des objets usuels, mais également de véritables pièces artistiques. D'un point de vue technique, le vannier dispose de méthodes de travail spécifiques à son domaine d'activité. Il connaît les différentes manières de tresser ou d’entrelacer la matière pour exploiter toutes ses possibilités. Il connaît donc chacune des propriétés des matériaux qu'il utilise.
La patience et la minutie constituent des qualités essentielles pour le métier de vannier. La réalisation d’un ouvrage requiert beaucoup temps pour accomplir les différentes étapes successives à sa réalisation. Il est impossible pour le vannier de sauter ou de négliger le temps accordé à ces différentes étapes.
Le métier de vannier exige une grande habilité dans la manipulation de ses outils et dans l’exécution des différents procédés de tressage. Le vannier utilise parfois des objets tranchants et doit donc travailler en respectant toutes les règles de sécurité. Il doit connaître tous les bons gestes et les accomplir avec assurance.
Le vannier travaille principalement en atelier. Il peut être seul ou rejoindre une coopérative et travailler de ce fait dans un atelier partagé. S’il est osiériculteur, le travail se fait alors uniquement en extérieur et est très physique. Il doit tout d’abord s’occuper de l’entretien et de la surveillance des parcelles avant de pouvoir attaquer la récolte, puis faire tremper et mettre à sécher les jeunes pousses pendant un an. C’est après ce long processus que l’osier pourra servir à faire de la vannerie. S’il est à la fois vannier et osiériculteur, il travaillera tantôt dehors (pour la culture) et tantôt en atelier (pour la création).
Le métier de vannier peut s’exercer sous différents statuts : artisan, exploitant agricole s’il est osiéculteur, artiste. Certains peuvent être également salariés dans une coopérative de vannerie. Deux coopératives regroupent plus de la moitié des professionnels : la Société coopérative agricole de vannerie de Villaines-les-Rochers (37), qui regroupe environ cinquante vanniers, et la Vannerie bussièroise (70), qui regroupe environ trente vanniers.
Le métier de vannier, longtemps limité à la conception et à la fabrication d’objets et de mobiliers se voit aujourd’hui s’intégrer dans de nouvelles dynamiques commerciales ou scientifiques telles que des collaborations ponctuelles avec des designers ou des recherches technologiques.
Le métier de vannier semble retrouver une certaine dynamique dans le paysage actuel notamment grâce à l’apparition de créneaux porteurs dans les secteurs du spectacle, de la mode, de l’agencement et de l’aménagement paysager (comme pour Terra Botanica). Aujourd’hui, l’osier s’associe à des matériaux comme le verre, le plexiglas, le caoutchouc, le bois et le métal offrant ainsi des productions inédites.