Le tuilier fabrique ses tuiles à partir de terre argileuse souvent extraite dans une carrière locale à ciel ouvert. Selon la carrière d’extraction, il peut être nécessaire d’entreposer la terre sans la travailler pendant une période plus ou moins longue afin qu’elle sèche. Ensuite, le tuilier utilise un désagrégateur qui permet de casser les mottes d’argile. Puis, la terre est broyée, malaxée et humidifiée dans le but d’être transformée en une pâte homogène et malléable présentant une granulométrie et une plasticité adaptées au façonnage des tuiles.
Le tuilier peut former ses tuiles au moyen de différentes techniques : le moulage, l’étirage ou filage, et le pressage. Autrefois moulées à la main au moyen de cadres en bois, les tuiles sont désormais presque toujours réalisées par moulage mécanique. Le façonnage par étirage ou par filage est réalisé au moyen d’une mouleuse. Tout en étant remalaxée, la terre est dirigée à travers une filière qui permet d’obtenir un long ruban continu et compact d’argile, de section rectangulaire, sectionné ensuite aux dimensions d’une tuile à l’aide, par exemple, d’un coupeur mécanique ou d’un fil d’acier. Avec la technique du pressage, l’argile est pressée au sortir de la filière avec des moules en plâtre, en acier ou en caoutchouc. Pour donner leur galbe aux tuiles canal, la préforme en pâte molle est déposée sur un moule ou reposoir en bois de forme courbe.
Il existe différents types de tuiles : les tuiles canal (en forme de demi-cône tronqué avec une extrémité plus évasée que l’autre), les tuiles plates (généralement de forme rectangulaire, mais dont le bord visible peut aussi être arrondi) et les tuiles à emboîtement ou à glissement (de forme rectangulaire avec des parties en relief qui s’insèrent dans des parties évidées d’une autre tuile). Ce dernier type de tuile est plutôt fabriqué de façon industrielle.
Ensuite, le tuilier entrepose les tuiles non cuites pour les faire sécher. Si le séchage est naturel, il dure plusieurs semaines. Un séchage trop rapide aurait pour conséquence de provoquer des fissures dans les tuiles ou de les fragiliser. Aujourd’hui, la plupart des tuileries industrielles ont recours à un mode de séchage artificiel : des ventilateurs propulsent de l’air chaud dans des chambres fermées. Une fois sèches, les tuiles subissent une cuisson d’au moins 24 h à plus de 1000 °C dans un four. Cette étape se déroule progressivement, la chaleur devant augmenter puis diminuer graduellement pour éviter tout risque de fissures.
Après la cuisson, les tuiles sont inspectées pour s'assurer qu'elles sont de bonne qualité. De façon artisanale, le tuilier fait ainsi « sonner » deux tuiles l’une contre l’autre : selon le bruit rendu, il sait si la tuile est bonne ou non. Enfin, les tuiles peuvent être émaillées. Par immersion ou aspersion, les tuiles déjà cuites sont recouvertes d’une couche vitrifiable composée de silice, de roches et de matériaux naturels qui leur donneront, après une deuxième cuisson, leur couleur définitive.
Le tuilier, surtout en artisanat, est capable d’assurer la production des tuiles de bout en bout, depuis l’extraction dans la carrière jusqu’au contrôle qualité du produit fini. Il sait utiliser les machines et réaliser leur entretien.
Le métier de tuilier demande une bonne condition physique, car il peut impliquer des tâches physiquement exigeantes, telles que le transport de charges lourdes et le travail en position debout.
En artisanat, lorsque des commandes spécifiques sont faites en vue d’une restauration, le tuilier a la capacité à s’adapter aux besoins de ses clients. Il peut chercher à retrouver des formes, des coloris et des procédés de fabrication oubliés jusqu’alors. En cela, il sait être curieux et attentif aux détails pour obtenir des tuiles authentiques et de haute qualité.
Le tuilier exerce son métier dans des environnements de production, tels que des fabriques de tuile ou des ateliers spécialisés (TPE-PME). Il travaille souvent en équipe, aux côtés d'autres artisans et ouvriers. Le travail peut être réalisé en intérieur ou en extérieur, selon les étapes du processus de fabrication des tuiles. Il peut être exposé à des conditions physiques exigeantes, telles que le bruit, la chaleur ou le froid, la poussière et les manipulations lourdes.
Le tuilier peut être employé par une entreprise spécialisée dans la production de tuiles (et parfois d’autres produits en terre cuite comme les carreaux) ou travailler de manière indépendante en tant qu'artisan.
Les tuiles artisanales sont essentiellement destinées à la restauration des monuments historiques en France et en Europe, mais aussi du patrimoine bâti local pour préserver leur authenticité architecturale. Étant donné leur savoir-faire et leur type de structure, les artisans tuiliers sont capables d’adapter leurs produits à des demandes particulières sans se limiter à des produits standardisés. Cela nécessite parfois de retrouver un processus de fabrication qui s’est perdu depuis des années. Il peut aussi, et cela est davantage le cas dans l’industrie, participer à la recherche et au développement de nouveaux types de tuiles ou de procédés de fabrication plus efficaces.
Il n’existe actuellement aucune formation initiale dédiée à la fabrication artisanale des tuiles. La transmission du savoir-faire s’effectue au sein des manufactures, par les artisans tuiliers eux-mêmes.