Le tufteur travaille sur un cadre en bois positionné à la verticale. Les cadres et les grippers (petits clous sur le tasseau de bois) servent à maintenir tendu et bien en place le canevas (toile semi-rigide) sur lequel le fil sera tufté. Les cadres sont généralement confectionnés en bois robuste, comme le chêne ou le hêtre. Dans un second temps, le tufteur reporte sur la toile le dessin grandeur nature réalisé sur papier ou calque, à partir de l’image imprimée de l’œuvre ou de sa photo. Il marque très précisément les contours et les éléments du dessin à l’aide d’un marqueur.
Très souvent, le tufteur échange avec les coloristes, pour obtenir les couleurs précises pour la réalisation du tapis. Cette étape constitue la base de la fabrication d’un tapis. Le coloriste propose des pompons de couleur (touffes serrées de fibres textiles appelées aussi « velours ») permettant de distinguer toutes les nuances de la teinte. Le coloriste peut proposer un éventail presque illimité de couleurs. Le tufteur, travaillera main dans la main avec le coloriste pour s’assurer d’avoir toutes les couleurs afin de répondre à la demande du client.
Pour réaliser le tapis, la fibre est implantée brin par brin, dans l'envers de la toile, à l'aide d'un pistolet pneumatique, le tufting gun. Le fil (laine, coton, acrylique) pénètre la toile grâce à l’aiguille du pistolet par un mouvement de va-et-vient. Dans le cas d’un tapis « coupé », le brin est coupé immédiatement par le pistolet tandis que pour un tapis « bouclé », le fil traverse et retraverse le canevas sans jamais être coupé. L’épaisseur du fil, de même que les embouts des pistolets peuvent varier, donnant ainsi une forme, une densité et un style différent au tapis. Avant de retirer le tapis de son cadre, le tufteur encolle sur l’envers une première couche de latex, doublée d’une toile à larges mailles, puis fixée par une seconde couche de latex, pour le rigidifier.
Lorsque l’encollage est bien sec, le tapis peut être retiré du cadre, et le tufteur passe aux finitions. Pour avoir des bords bien nets, il réalise des ourlets. Ensuite, il passe au rasage : c’est une étape clé pour rendre homogène toute la surface du tapis. Il s’agit d’égaliser l’ensemble des touffes et de créer, si nécessaire, le contour des motifs pour donner du relief. Une réglette permet de mesurer la hauteur de fibre désirée. Le tufteur peut utiliser une tondeuse ou une paire de ciseaux comme outils de coupe. Il est possible d’assembler plusieurs morceaux de tapis tufté en réalisant une couture, afin de ne pas être limité dans la taille.
Le report du dessin sur la toile demande beaucoup d’attention et de précision. La manipulation et la maîtrise du pistolet pneumatique peuvent s’avérer difficiles. L’étape du rasage, avec, potentiellement des hauteurs de fibre différentes, nécessite une grande dextérité.
Le travail graphique des ouvrages peut-être très complexe car avec de nombreux détails. Le tufteur doit faire preuve de minutie et de patience. Pour la réalisation d’un tapis, il faut compter entre trois mois et un an.
Le métier de tufteur peut se pratiquer en manufacture, en atelier partagé ou encore à domicile. Il est aujourd’hui très facile de trouver tout le matériel sur Internet, et d’installer un petit atelier chez soi.
Le métier de tufteur se pratique historiquement en atelier sous le statut de salarié. Aujourd’hui, avec le regain d’intérêt pour cette profession, les tufteurs évoluent souvent en tant qu’indépendants sous le statut d’autoentrepreneur.
Le tufting est un art qui s’exporte aux quatre coins du monde. Le tufteur peut travailler sur des tapis d’envergure pour des lieux prestigieux comme des palaces ou de grandes institutions, ou encore pour de grandes marques de luxe.
Aujourd’hui, avec l’essor que connaît à nouveau le tufting, il n’est pas rare de voir ce savoir-faire s’étendre à des domaines bien plus large que celui du tapis. Le tufting peut-être utilisé dans la haute couture (sacs, vêtements, etc.) ou dans la décoration d’intérieur avec des revêtements de miroirs ou des coussins par exemple.