L’art du tournage consiste à modeler le bois en façonnant la pièce, afin de la creuser et/ou de l’affiner. Le point de départ d’une pièce tournée peut être un dessin à l’échelle 1, une photo, voire un modèle déjà tourné. Parfois, une maquette est réalisée avant le tournage définitif. L’inspiration peut venir aussi de la pièce de bois elle-même (forme, défauts, couleur, densité, etc.). Pour tourner une pièce en bois, il faut en découper une ébauche au plus près possible de la forme définitive, puis la monter sur un tour afin de la mettre en rotation.
Le tourneur peut utiliser deux techniques de tournage. Avec l’ « entre pointe », le fil du bois, c’est-à-dire, le sens des fibres, est positionné de façon parallèle à l’axe de rotation et le tranchant de l’outil est maintenu à 45° par rapport au fil. Cette technique permet de la production d’éléments en série. Avec la technique « en l’air », le fil du bois est perpendiculaire à l’axe de la rotation. On l’utilise pour les pièces dont le diamètre excède la hauteur, comme des coupes ou des plats. Elle est surtout utilisée pour les pièces uniques. Lors de la rotation de la pièce sur le tour, le tourneur utilise des outils coupants comme des planes ou des gouges, et des outils qui raclent comme des ciseaux et des racloirs. Certains tourneurs vont jusqu’à fabriquer leurs propres outils pour répondre à des besoins précis. Une fois l’objet façonné, le tourneur peut réaliser les finitions de son choix (ponçage, vernissage, etc.).
Le tourneur sur bois peut réaliser des objets artistiques à des fins décoratives ou des objets fonctionnels. Ainsi, de la réalisation d'objets tournés sur commande à la création d'objets d'art, en passant par la restauration de pièces anciennes et la reproduction d'anciens, les applications artistiques du tournage sur bois sont nombreuses. Elles concernent le mobilier civil et religieux (piétements de meubles et éléments de décoration, éléments de tabernacle, ciboires, etc.), le décor intérieur (éléments d'ornementation d'escalier, boutons de porte, etc.), la tabletterie (boîtes, coffrets, porte-cigarettes, etc.), le luminaire, la facture instrumentale (instruments à vent en bois, baguettes de tambour, caisses de percussion, etc.).
Le tourneur sur bois doit avoir une solide maîtrise des techniques de tournage sur bois, y compris la manipulation des outils et l'ajustement de la vitesse du tour à bois en fonction du bois travaillé.
Il doit connaître les différentes essences de bois et leurs caractéristiques pour choisir le bois approprié à chaque projet.
La créativité est essentielle pour concevoir des pièces uniques et esthétiques. Le tourneur sur bois doit aussi faire preuve de précision, notamment quand il réalise des pièces en série ou en reproduction : un tour de ciseau en trop peut, par exemple, mettre à mal son ouvrage.
Le tourneur sur bois travaille principalement dans un atelier bien équipé avec un tour à bois, des outils de tournage, et des équipements de sécurité. L'environnement peut être bruyant en raison du bruit généré par le tour à bois. Il est en contact avec d’autres métiers qui lui sont complémentaires, que ce soit en amont (filière bois pour l’acquisition de la matière première), ou en aval, particulièrement pour le tourneur d’art traditionnel qui réalise l’essentiel de sa production pour l’ameublement (pieds de tables, de chaises, balustres d’escalier, etc.). Ce type de production le met en contact avec une large clientèle de professionnels comme des ébénistes, des designers, des restaurateurs de meuble, des antiquaires, etc.
La majorité des tourneurs exerce en tant qu’artisan. Certains, toutefois, choisissent le statut d’artiste libre.
La reconnaissance du tourneur, qu’il soit traditionnel ou créateur, se fait énormément par le bouche à oreille, d’où l’importance de la participation à des manifestations de type salons et expositions. Les créateurs se tournent vers l’international et les tourneurs traditionnels vers la création de jouets, qui, selon la mode, peut être plus porteuse que l’ameublement.
La tournerie se compose actuellement de trois branches principales : la tournerie traditionnelle orientée essentiellement vers l’ameublement ; les tourneries semi-industrielle et industrielle qui s’appuient sur les nouvelles technologies (tour numérique par exemple) ; la tournerie d’art. Certains tourneurs sont pluridisciplinaires : ébénistes ou menuisiers à la base, notamment.