L'analyse des couleurs est une étape importante du métier de teinturier. Cette phase garantit que les résultats finaux correspondent en tout point aux attentes en termes de teinte et de qualité. Le teinturier coloriste peut procéder à plusieurs types d'analyses : évaluation visuelle, identification des couleurs à l'aide d'un nuancier. Pour un résultat très précis, le teinturier peut utiliser du papier chromatographique. Cette technique sépare les différentes substances d'un mélange en les faisant migrer à des vitesses différentes sur le papier grâce à un solvant. Le teinturier doit également analyser les textiles ou les fils à teindre pour adapter sa préparation. En utilisant les couleurs primaires - bleu, jaune, rouge -, le teinturier est capable de reproduire n'importe quelle teinte de couleur.
Pour s'assurer de la bonne adhésion de la teinture, il est essentiel de préparer les fils et les étoffes. Pour ce faire, le teinturier procède à plusieurs étapes. Avec le désencollage, le teinturier retire la colle des tissus après leur fabrication. Grâce au blanchiment, il élimine les impuretés naturelles ou artificielles des étoffes. Enfin, le mercerisage donne un aspect brillant et soyeux aux matières traitées. Ce processus est réalisé par trempage dans de la soude caustique.
La première étape d'une teinture est le mordançage. Cette technique permet d'améliorer la fixation du colorant. Elle consiste à tremper le fil ou l'étoffe dans un mélange d'acide et de sulfate de soufre.Le teinturier prépare ensuite ses bains en réalisant au préalable ses mélanges de couleurs pour obtenir la teinte souhaitée. C’est à la suite de plusieurs trempages successifs à 80 °C dans les bains de couleurs que la teinte s’imprègne, permettant à la couleur de pénétrer profondément et durablement à l'intérieur des fibres. Pour atteindre la teinte finale, le teinturier ajoute progressivement des nuances à l’aide d’une louche (également appelée cassant). Tout ce travail se fait à l'œil. Pas moins de quatre heures, dont une quinzaine de retouches, sont nécessaires pour parvenir à la couleur désirée. Une fois la teinture terminée, le fil ou l’étoffe est placé dans une essoreuse, puis étendu minutieusement pour le séchage.
Le métier de teinturier exige des compétences techniques approfondies en chimie. Une grande partie du travail consiste à préparer des bains de couleurs, qui sont des mélanges complexes de produits chimiques et de pigments. Le teinturier doit comprendre toutes les réactions chimiques impliquées dans le processus pour garantir des résultats constants et de haute qualité.
La précision est essentielle pour un teinturier. Cela lui permet d'éviter les erreurs qui pourraient endommager les fils et les tissus, ou ne pas reproduire la couleur souhaitée. La teinture est un processus lent et exigeant qui peut nécessiter plusieurs essais pour obtenir le résultat parfait. Le teinturier doit donc faire preuve de patience et de minutie tout au long de son travail.
Un bon teinturier doit avoir une excellente perception des nuances de couleurs et des mélanges pour obtenir les teintes désirées. Il est crucial que le teinturier puisse concevoir et réaliser des couleurs uniques et attrayantes. Il doit se tenir informé des nouvelles tendances en matière de couleurs.
Le teinturier exerce son métier dans un atelier ou un laboratoire spécialement conçu pour garantir la sécurité et la qualité de son travail. Ces espaces doivent être bien ventilés et respecter rigoureusement les normes de sécurité en raison de l'utilisation fréquente de produits chimiques. Le teinturier doit maîtriser parfaitement les règles d'hygiène et de sécurité.
Le teinturier peut exercer en tant qu’artisan, salarié ou employé de la fonction publique (statut accessible par concours). Dans ce dernier cas, le teinture intervient dans des manufactures, comme celle des Gobelins, pour préparer les fils qui serviront à la tapisserie.
L’ennoblissement textile du secteur des métiers d’art regroupe un petit nombre d’entreprises, celles-ci employant au maximum une dizaine de personnes. L’activité est essentiellement centrée sur l’ennoblissement de tissus d’exception destinés à la haute couture et au prêt-à-porter haut de gamme ainsi qu’aux arts décoratifs.
En France, on recense actuellement moins de cinq ateliers de teinture artisanale, qui travaillent principalement sur commande.