Les roches extraites des carrières arrivent à l'atelier du tailleur de pierre sous forme d'épaisses tranches. Avant de se lancer dans les délicates opérations du façonnage, le tailleur de pierre commence par scier et débiter ces gros blocs de pierre. Ce travail s'effectue aujourd'hui à l'aide de tronçonneuses équipées d'un disque en diamant ou encore par découpe à commande numérique. Ensuite, il reporte les tracés de forme sur la pierre à tailler. Pour ce faire, il s’appuie sur les plans et dossiers techniques fournis et/ou ses propres mesures et croquis (l’épure étant un croquis grandeur nature). Enfin, le tailleur modèle la pierre de taille jusqu’à lui donner la forme précise recherchée.
Le tailleur de pierre travaille essentiellement sur des chantiers de restauration de bâtiments anciens et/ou de monuments historiques (églises, châteaux, etc.). Chaque pierre façonnée en remplacement de pièces originales doit parfaitement s’intégrer à la structure existante : le tailleur de pierre est donc souvent amené à travailler la surface pour que son aspect soit le plus proche et en cohérence avec l’ensemble du bâtiment. Selon les chantiers, le tailleur de pierre restaure des éléments de structure tels des murs et des voûtes, et parfois des éléments plus ornementaux, comme des chapiteaux. Pour cela, il peut travailler en collaboration avec des sculpteurs sur pierre.
Le tailleur de pierre a des compétences avérées en maçonnerie, car il assemble les blocs de pierre taillée selon les exigences du chantier (étayage, coffrage, etc.). C’est lui qui réalise les joints et les scellements, ainsi que toutes les finitions (à la chaux, par exemple, pour les restaurations de monuments historiques). La diversité des chantiers sur lesquels le tailleur de pierre peut intervenir est grande : construction de dallages, d’escaliers, d’encadrements de cheminées, de voûtes, de murs, etc.
Habile de ses mains, le tailleur de pierre a le geste précis et sûr. En effet, un ouvrage peut être perdu à cause d’un seul geste malheureux. Des notions de géométrie, voire de géologie, peuvent également lui être utiles, les spécificités des pierres étant très variables. Il a aussi le sens des formes et des volumes, et sait réaliser des dessins techniques pour effectuer des relevés, exécuter les épures et les plans nécessaires.
Avant d'intervenir sur un monument historique, le tailleur de pierre a étudié les différents styles architecturaux. Avoir des bases en histoire de l'art peut s’avérer utile. Il sait faire preuve de goût, d’imagination et de créativité tout en reconnaissant dans le travail des anciens des modèles de réalisation. Pour lui, son métier est essentiel à la préservation du patrimoine architectural et artistique.
Le tailleur de pierre manipule des charges lourdes et encombrantes au quotidien. S’il est épaulé par des outils et engins de levage perfectionnés, il n’en demeure pas moins que de la force et une bonne condition physique sont nécessaires. Il en va de même pour la pose en hauteur : mieux vaut donc ne pas avoir peur de monter sur des échafaudages et être sujet au vertige.
Le tailleur de pierre travaille à la fois en atelier ouvert à tous les vents et sur des chantiers, parfois en hauteur, sur des échafaudages ou des plates-formes.
En début de carrière, afin d’acquérir de l’expérience et du savoir-faire, le tailleur de pierre est souvent salarié d’une entreprise de petite taille. Il peut aussi choisir le statut d’artisan indépendant.
Le tailleur de pierre peut se spécialiser dans les travaux marbriers, y compris la marbrerie funéraire (fabrication et entretien de stèles). Il peut aussi choisir la gravure et réaliser des bas-reliefs ou encore se consacrer à la restauration des monuments historiques. Le savoir-faire des tailleurs de pierre français est réputé, aussi les occasions de travailler dans un pays étranger, en restauration du patrimoine mondial, sont réelles.
Être titulaire du permis de conduire B est toujours utile pour ce métier de chantier. Ce métier est recherché : les entreprises peinent à recruter des tailleurs de pierre pleinement qualifiés et opérationnels, comme en témoigne un nombre croissant d’offres d’emploi.