Le travail du santonnier commence par la création de ses modèles. Il imagine et dessine ses personnages, puis les sculpte dans de l'argile rouge, verte ou blanche. Une fois la sculpture terminée, il réalise un moule en plâtre constitué d’au moins deux parties. Pour l’obtenir, il coule du plâtre dans la première partie du moule correspondant à la face de la figurine. Il réitère cette opération dans une matrice représentant le dos du santon. Parfois, l’empreinte en plâtre est constituée de plusieurs éléments nécessaires à la reproduction de l’objet, représentant le corps et les membres.
Une fois le moule bien sec, le santonnier peut commencer la production de ses figurines en série. Il coule de l’argile entre les deux parties du moule. Il les presse fortement à la main en rapprochant les deux parties. Le santonnier démoule ensuite la figurine et procède aux diverses retouches, notamment l’ébarbage, c’est-à-dire la suppression du surplus d’argile qui borde le contour du moule, avec un grattoir. Il fait ensuite sécher le santon à l’air libre pendant plusieurs jours afin que l’humidité se retire de l’argile et que la terre ne se fende pas. Il le fait ensuite cuire dans un four entre 950 et 990 °C, durant 24 heures.
L’art du santon provençal respecte les us et les coutumes du XIXe siècle, reproduisant en miniature les costumes traditionnels de l’époque.
Peindre
Commence la partie décoration. Le santonnier peint sa figurine, à l’aide d’un pinceau très fin. Il commence par le visage et les mains, puis les cheveux, les vêtements et objets, pour finir par le socle. Il peut vernir certains accessoires, comme les fruits ou les jarres, mais le santon reste mat. Il applique de la patine permettant de ternir la surface de l’objet, et adoucissant ainsi l’éclat de l’objet, tout en lui donnant un aspect réaliste.
Assembler et coudre
Pour le santon habillé dit « détaché », le santonnier confectionne des costumes. Le santon est alors composé de plusieurs parties reliées entre elles par des tiges métalliques pour une plus grande souplesse.
Le santonnier a un sens artistique développé pour créer et peindre ses santons. Il doit aussi faire preuve de créativité pour imaginer de nouveaux personnages et de nouvelles mises en scène, tout en respectant les traditions et les codes esthétiques de la crèche provençale.
La fabrication des santons nécessite une grande maîtrise technique et une grande minutie. Le santonnier doit être habile de ses mains et patient, car chaque étape de la création demande du temps et de la précision. Ainsi, il maîtrise le modelage et la sculpture sur argile. Cela nécessite une bonne coordination œil main ainsi qu'une sensibilité tactile pour façonner les détails les plus fins.
Le santonnier doit connaître l'histoire et les traditions provençales ainsi que l'iconographie religieuse pour créer des santons authentiques et respectueux de la culture locale.
Le santonnier travaille généralement dans des ateliers de fabrication où il dispose de tout le matériel nécessaire pour modeler, cuire, peindre et finir ses créations. Il existe un peu plus d’une centaine d’entreprises artisanales de très petite taille, le plus souvent familiales, dans lesquelles le savoir-faire se transmet de génération en génération.
La plupart des santonniers gèrent leur propre atelier et commercialisent souvent directement leurs créations lors de foires artisanales, de marchés de Noël et dans des boutiques spécialisées, physiques ou en ligne. Le santon peint ou santon de crèche, se vend surtout durant l’hiver à l’échelon local et régional, grâce à la tendance « tradition » qui a remis au goût du jour les Noël d’antan. Le santon habillé, dit « détaché » est surtout vendu comme objet touristique. Les canaux de vente tendent à se diversifier. En effet, le principe de la boutique en ligne permet de rendre accessible au plus grand nombre l’achat de santons, y compris à l’export (États-Unis, Suisse, Allemagne et Bénélux).
On trouve la plupart des santonniers, logiquement, en Provence, là où la tradition perdure, autour de Marseille, Aix-en-Provence et Aubagne. Ce savoir-faire a d’ailleurs été inscrit à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français en 2021. Il n’existe pas de formation au métier de santonnier d’art. Beaucoup d’entreprises sont familiales, et le savoir-faire se transmet au sein de la famille. Cependant, des formations en céramique (tournage, décoration, modelage et moulage) peuvent aider dans la pratique professionnelle.