La rocaille est un art rustique populaire remontant à l’invention du ciment en 1824, et en vogue jusqu’en 1920. Il s’agit d’une technique consistant à sculpter ou mouler du ciment que l’on sculpte à la main pour la décoration de façade et de jardin. On l’appelle aussi rocaille de ciment ou « faux-bois ». En déclin avec la production industrielle du béton armé, le savoir-faire de cet art réapparaît depuis quelques années et des exigences de restauration et préservation du patrimoine. La restauration est réservée à une rocaille dont les dégradations ne représentent pas plus de 10-15 % de la surface totale. En effet, quand le ciment n’est plus étanche et que la rouille attaque les fers, une partie de l’édifice historique est susceptible d’être détruite et reconstruite à l’identique.
Le rocailleur répond la plupart du temps à une commande. Il observe attentivement l’environnement du futur décor pour soumettre ses propositions au commanditaire (architectes, particuliers, collectivités, etc.) à l’aide de croquis. Le plus souvent sur site, le rocailleur commence son ouvrage en structurant le squelette de la forme souhaitée. Pour cela, il tord des tiges de fer à béton souples qu’il assemble avec du fil de fer. Il donne du volume à cette structure en la recouvrant d’une couche de ciment fibré ou d’une âme métallique, qui permettra de poser le mortier. Trois couches successives de mortiers différents sont appliquées pour modeler l’expression globale de l’ouvrage.
Le décor est ensuite creusé par le rocailleur dans le mortier encore frais. Selon le principe de la fresque, le rocailleur alterne séchage et humidification de la surface, le temps de dessiner en creux les lignes et les matières à l’aide d’outils tels que des truelles, des clous, des couteaux, etc. Il imite ainsi les rainures d’une planche de bois, la rugosité d’un rocher ou d’une écorce, etc. La mise en couleur, pour parfaire l’imitation, se réalise sur une couche de base composée d’eau, de pigments et de chaux. Selon le type de chantier, le rocailleur peut être amené à terminer son travail par une pratique de fresque et de trompe l’œil.
Le rocailleur associe les techniques de la maçonnerie à celles de la sculpture et de la décoration comme le modelage et le trompe-l’œil. Ce métier rare requiert une très bonne connaissance : des propriétés des mortiers de ciment ; du dosage des ingrédients selon l’ouvrage à réaliser ; des temps de séchage (en fonction de l’épaisseur du mortier, de l’exposition au soleil, du taux d’humidité de l’air, des températures, etc.). Le rocailleur maîtrise aussi les procédés actuels de préservation des bétons et des aciers.
La création de décors en rocaille est un processus artistique qui demande de la créativité et un sens esthétique développé. Le travail du rocailleur est intimement lié au paysage et à l’architecture. Son ornement doit s’intégrer dans les moindres détails à son environnement, mais aussi être solide et fonctionnel, à l’épreuve des passants et des conditions météorologiques.
Pour les travaux de restauration, le rocailleur a des connaissances solides en histoire du rocaillage et du rusticage. Il est aussi capable de faire des recherches documentaires poussées (photographies anciennes, archives privées et publiques, etc.).
Le rocailleur exerce principalement son métier en extérieur, sur des chantiers d'aménagement paysager, des jardins privés ou des espaces publics, avec les contraintes liées aux conditions météorologiques et d’installation sur site qui en découlent. Il a la possibilité de travailler en atelier s’il réalise, par exemple, du mobilier de jardin mobile.
Ce professionnel exerce surtout comme entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur artisan. Être rocailleur est un métier très rare, dont les savoir-faire sont parfois développés par d’autres professionnels (maçons, jardiniers paysagistes, etc.).
Le plus souvent, pour compléter ses revenus, le rocailleur exerce une activité de formation ou une autre activité professionnelle en parallèle. En effet, les chantiers de rocaillage sont actuellement peu prévisibles et trop irréguliers pour que le rocailleur puisse vivre pleinement de son activité.