Relieur / Relieuse

Le relieur ou la relieuse habille un ouvrage (livre, registre, etc.) en fonction de son usage futur, qu’il s’agisse de reliure classique ou contemporaine. Il ou elle assemble les cahiers par couture, et les recouvre de plats cartonnés, parfois ornés de cuir, de toile, de papier, et titrés à l’or.

🖐️ Nature du travail

Faire de la reliure classique ou de la reliure d’art

La reliure a pour objectif de protéger le livre, de l'embellir, d’augmenter sa durée de vie et de faciliter sa consultation. Le relieur envisage l’habillage d’un livre en fonction de son usage futur. On a ainsi la reliure classique ou courante qui est la plus pratiquée. Il s’agit souvent de reprendre ou de réparer des reliures d’ouvrages récents. Ce type de reliure ne fait pas d’appel particulier à la créativité : c’est généralement un travail sobre et solide. La reliure d’art, ou contemporaine, singularise quant à elle un ouvrage en lui conférant une esthétique. Elle s’applique à des éditions originales souvent illustrées.

Relier des livres récents ou des éditions originales

Plus de cinquante opérations sont nécessaires à l’élaboration d’une reliure. On les distingue dans quatre grandes phases.

La plaçure

Au cours de cette première phase, le relieur prépare le livre à la couture. S’il s’agit d’une réparation, il démonte d’abord le livre, conserve ce qui peut l’être et remplace les pièces abîmées. Il coupe et monte les couvertures de brochage et les pages de garde. Il ébarbe les feuillets du livre avant de placer l’ensemble sous une presse à percussion (ou presse à relier). Il détermine l’emplacement des grecques (entailles permettant de passer l'aiguille) sur les fonds des cahiers et les entaille avec la scie à grecquer. La couture s'effectue sur le cousoir (métier à relier) où les cahiers du livre sont assemblés et cousus l’un sur l’autre pour constituer le bloc livre. Une fois le premier feuillet, ou cahier, calé contre le métier, le relieur coud de l'extérieur vers l'intérieur du cahier et autour des ficelles de chanvre s’encastrant dans le creux des grecques. Une fois tous les cahiers cousus, le relieur coupe les ficelles de chanvre, et il encolle le dos du livre au marteau **avant de le placer dans un étau pour y être endossé.

Le corps d’ouvrageLors de la deuxième phase, le relieur met en place les cartons de chaque côté du livre. Ils sont soigneusement ajustés et percés par un poinçon pour y faire passer les ficelles qui les rattacheront au dos du livre. Les tranches des cartons sont limées pour devenir lisses. Le relieur applique ensuite le faux dos qui recevra les tranchefiles (broderie piquée dans les cahiers pour renforcer les extrémités du dos et de la queue du livre) et les nerfs (petites bandes transversales saillantes sur le dos d’un livre relié).

La couvrure

Avec cette troisième phase, le relieur habille les cartons et le dos du livre qu’il est en train de relier. Il colle les nerfs sur le dos, les éventuels coins, coupe les parties correspondant au dos et aux plats dans les matériaux choisis par son client (cuir, parchemin, toile, papier, etc.) et les colle en commençant par le dos. Là, il prend garde de bien faire ressortir les nerfs. S’il travaille avec du cuir, il le pare afin de bien égaliser la peau. C’est lors de l’habillage que la créativité du relieur peut pleinement s’exprimer en reliure contemporaine. Il n'hésite pas alors à marier les techniques et les matières pour mettre en scène une création unique, devenant une expression plastique singulière. Par exemple, il peut choisir de recouvrir le livre en ayant recours aux techniques de marqueterie, de maroquinerie, de broderie, d'illustration, de papier décoré, etc.

La finissureCette quatrième phase termine la confection de la reliure avec notamment le collage des gardes de couleur (feuillets de papier placés au début et à la fin du volume, sur le contreplat, c’est-à-dire, la face intérieure de la couverture), la dorure (généralement réalisée par un doreur, voir la fiche métier doreur sur cuir), le polissage et la mise en presse. Enfin, le relieur vérifie la qualité générale de sa reliure et qu’elle est en adéquation avec les attentes de son client.

Restaurer des livres anciens

La restauration de reliure est appliquée aux livres d'une valeur historique ou artistique inestimable qui ont été endommagés. Le relieur intervient en restauration afin de leur rendre un aspect et une solidité aussi proches que possible de l'état d'origine, sans en modifier pour autant la valeur documentaire ou artistique. Le maintien de l'originalité du document est la priorité déontologique majeure du restaurateur. Il va donc adapter son intervention à l’état du livre tout en cherchent à en respecter l’intégrité au maximum. Notamment, il calcule une datation précise de l’ouvrage à restaurer afin d'avoir recours aux techniques de restauration les plus appropriées. Tout au long de son travail, il s’applique à compléter une fiche technique par la description des traitements successifs. Le projet de restauration s'élabore selon les détériorations préalablement analysées, chaque cas demande réflexion et dicte l'ordre des opérations.

🤹 Compétences requises

Adresse et concentration

Utilisant des techniques très élaborées, le relieur doit être extrêmement précis et appliqué dans tous ses gestes. L’ensemble lui demande de faire preuve d'une grande concentration.

Créativité et souplesse

Personnaliser ou restaurer des livres rares et d’art fait appel à la créativité du relieur. Dans la mesure où il répond aux commandes de clients très variés, il sait aussi s'adapter, respecter les normes en vigueur (pour les administrations) et est doté d’un certain sens du commerce pour mettre en avant son travail et mieux en vivre.

Connaissances en histoire du livre

Ces connaissances sont particulièrement nécessaires aux relieurs intervenant en restauration et sur des livres anciens. Ainsi peuvent-ils respecter et reproduire les techniques de fabrication d’alors, en employant les matériaux les plus respectueux des ouvrages.

🔭 Perspectives

Environnement de travail

65 % des relieurs travaillent seuls dans leur atelier. Quand il travaille en équipe, cette dernière est très réduite, et composée notamment d’un doreur. Le travail est généralement réalisé sur commande pour des particuliers ou des établissements publics, comme des bibliothèques ou des tribunaux.

Statuts

Le relieur est le plus souvent un artisan installé à son compte après plusieurs années d’expérience dans un autre atelier ou dans la fonction publique. En effet, cette dernière ouvre des concours (maître ouvrier, technicien d'art, chef de travaux) pour exercer à la Bibliothèque nationale de France, au Sénat, à l'Assemblée nationale ou dans certains musées.

Opportunités

La reliure d’art ou de création est en expansion, même si elle demeure encore confidentielle. Elle s’adresse essentiellement aux collectionneurs de livres rares, aux éditions de valeur et originales, réalisées parfois en collaboration avec des artistes ou des designers. Certaines bibliothèques publiques font appel à la reliure contemporaine afin de valoriser leurs fonds. Il existe aussi un marché important consacré à la restauration d’ouvrages. En conséquence, le nombre d'ateliers de restaurateurs de reliure est croissant.

Bon à savoir

Le prix d’une reliure est toujours défini en fonction du format et du travail réalisé. Le métier de relieur nécessite une formation initiale solide, généralement acquise dans le cadre d'un CAP Arts de la reliure ou d'un Brevet des Métiers d'Art (BMA) en reliure-dorure. La pratique régulière et l'expérience sont essentielles pour maîtriser les techniques et développer son savoir-faire.

💠 Métiers proches

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  • Doreur /doreuse sur cuir ✨
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