En artisanat, mouleur est amené à dupliquer des objets décoratifs, des sculptures, des bijoux, etc. En industrie, il peut s’occuper de vaisselle, de matériel agricole, etc. Ici, on ne s’intéresse qu’aux applications en décoration de petite série.
Il existe un grand nombre de matériaux pouvant servir à réaliser des moules. Selon la réalisation à exécuter, mais également, la matière à couler, le mouleur doit choisir le bon procédé et les bons matériaux. Ces matériaux se divisent en deux catégories : les moules ou empreintes souples, les moules ou empreintes durs.
Moules ou empreintes souples
Les moules ou empreintes souples sont élaborés avec des matières naturelles comme le latex (liquide visqueux produit par certains végétaux comme l’hévéa) ou l'alginate (gélifiant vendu sous forme de poudre blanchâtre provenant des algues brunes). Il est possible d’avoir recours à des produits synthétiques comme l’élastomère silicone (caoutchouc synthétique qui permet de mouler avec précision des objets de petites dimensions) ou encore des polyuréthanes (matières dérivées du plastique). Très souvent, quelle que soit la substance employée, le moule souple doit être maintenu par un matériau solide, comme par exemple la bande plâtrée.
Moules ou empreintes durs
Les moules ou empreintes durs peuvent être réalisés à partir de plâtre (matière la plus utilisée, qui permet de réaliser des épreuves d'une précision supérieure), d'argile ou de mélange argileux (composé d’argile et de plâtre ou d’argile et de sable). Les moules à base d’argile sont souvent plus fragiles, et doivent être détruits lors du démoulage. La cire est aussi utilisée, et sert principalement à couler des métaux en fusion.
Prendre l’empreinte d’un objet, d’une surface ou d’un volume est l’étape clé du métier de mouleur. Elle permet de créer une matrice fidèle servant à dupliquer en plusieurs exemplaires identiques l’objet initial.
Moulage en empreinte souple
L'apparition des moules souples a permis une simplification dans la conception des moules, ainsi que l'obtention directe de formes. La finesse de l'empreinte obtenue avec les produits pour moulage souple est aujourd’hui particulièrement réputée. Pour former le moule, le mouleur applique une couche de produit à l'aide d'une brosse, d'un pinceau à poil dur, ou par trempage. Il laisse reposer cette couche (entre quelques minutes à une nuit). Il recommence cette étape trois fois pour obtenir, grâce aux couches successives, une épaisseur d'un centimètre et demi. Le démoulage est très aisé, car le produit sec est élastique. Le moule peut donc être réalisé en une seule pièce, contrairement à la plupart des matériaux de moulage durs.
Le mouleur prévoit un trou de coulée pour remplir et vider le moule de l’excédent de matière lors du coulage. Il prévoit aussi des clés (ou ancrages) pour les moules en plusieurs parties. Ces ancrages, sont permettent d’emboîter parfaitement, et de façon étanche, toutes les parties du moule. Elles assurent le meilleur positionnement possible, et rendent les jointures du moule presque invisibles. Le mouleur peut revenir travailler l’intérieur du moule pour lisser et éliminer les quelques aspérités existantes.
Moulage en empreinte dure
Dans le cas du moulage en empreinte dure, le travail du mouleur consiste, dans un premier temps, à « raisonner le moule », c’est-à-dire, à étudier la pièce pour comprendre en combien de parties il doit réaliser le moule. C'est un travail mental complexe, où l'expérience du mouleur fait la différence. Un moule peut-être constitué de plus d’une dizaine de pièces, pour reproduire les moindres détails de l’objet. La constitution du moule est complexe quand le modèle présente des creux ou des angles. On parle de contre-dépouille lorsque la forme de la pièce interdit un démoulage direct.
Une fois que le mouleur sait comment réaliser le moule, il marque les différentes sections de division de la pièce à reproduire à l’aide d’un crayon. Il commence son travail de moulage en dissimulant les parties à mouler ultérieurement grâce à de l’argile, par exemple. Ensuite, le mouleur réalise un coffrage (en bois, en acier galvanisé, etc.) autour de l’objet à reproduire, en laissant un espace d’une dizaine de centimètres entre le cadre et l’objet. Enfin, le mouleur verse doucement la matière jusqu’à recouvrir entièrement la pièce originale permettant de créer une reproduction en négatif. Pour réaliser le moule dans son entièreté, le mouleur doit recommencer ces étapes autant de fois qu’il a prévu de pièces pour créer l’entièreté du moule.
Pour préparer le coulage de la pièce à reproduire, le mouleur enduit le moule d'un agent de démoulage adapté, puis il assemble et sangle le moule pour en assurer un bon maintien et une bonne étanchéité. Le mouleur verse ensuite, à travers le trou de coulage, la matière liquéfiée de reproduction pour obtenir le positif (c’est-à-dire, la réplique du modèle original). Il peut utiliser des matières comme le plâtre, la barbotine (pâte collante faite d'argile saturée d'eau), ou encore du métal en fusion. Le mouleur peut vider, après quelques minutes, le surplus de matière.
Le mouleur doit attendre que l’empreinte soit complètement prise avant le démoulage. Le mouleur commence par retirer les sangles et toutes les pièces dont le moule est composé. Une fois le moule ôté, la reproduction est maintenant prête pour le nettoyage et les finitions. En fonction des matériaux, son nettoyage et les finitions sont bien évidemment différents. Le travail consiste à éliminer toutes les petites traces ou impacts que le moule a pu laisser. Le mouleur doit rendre la pièce la plus lisse et propre possible. Dans certains cas, la reproduction peut faire l’objet d’un polissage, d’un décor, d’une pigmentation, etc. Un nettoyage minutieux des différentes parties du moule, après chaque utilisation, est nécessaire pour le préserver le plus longtemps possible. Sa durée dans le temps dépend du soin apporté, mais est également définie par sa composition.
La multiplicité des formes et la complexité de certains objets à mouler font du moulage une discipline d’expert. Le mouleur doit avoir des aptitudes d'abstraction et de visualisation des formes dans l'espace les unes par rapport aux autres, pour se représenter le moule avant d’attaquer la phase de fabrication du moule.
Il est demandé au mouleur un résultat précis et sans défaut, proposant une pièce identique en tout point à l’original. Certaines formes étant petites et très détaillées, le mouleur doit faire preuve d’une grande dextérité et d’une grande aisance pour ne pas les détériorer, en particulier lorsqu’il intervient en restauration ou en reproduction d’œuvres patrimoniales. Le démoulage, par exemple, doit se faire avec soin et délicatesse. Les nombreuses étapes que requiert le moulage demandent de la patience et beaucoup du temps.
Le travail se pratique exclusivement en atelier, avec parfois des températures élevées quand il y a du coulage de métaux. Ce métier peut s’exercer au sein d’entreprises industrielles ou artisanales de modelage, fonderie, moulage, ou pour des institutions (musées). Le mouleur est souvent un salarié. Ce professionnel peut cependant développer une activité à son compte, comme pour le moulage de céramique par exemple.
Si le moulage d’art est une discipline assez confidentielle, les mouleurs, sous les intitulés de mouleur-noyauteur et de mouleur-stratifieur, sont très recherchés dans l’industrie.
Le métier de mouleur regorge de domaines avec des spécificités au niveau des matériaux utilisés ou des pièces produites.