Dans un premier temps, et s’il ne s’agit pas d’une reproduction, le mosaïste réalise une maquette et un échantillonnage de matières pour communiquer ses idées à son client et établir un devis. Lors de cette étape, il quantifie et fait une proposition de matériaux (tesselles de verre, de marbre, de céramique, etc.). La qualité d’une mosaïque dépend à la fois de ces derniers, mais aussi, de la disposition des tesselles (ce qu’on appelle l’andamento), et de l’utilisation des couleurs, en harmonie avec le sujet.
Une fois le devis accepté, le croquis (ou l’image numérique) est agrandi à l’échelle 1. Le mosaïste trace dessus les andamenti, c’est-à-dire le mode de juxtaposition des tesselles. Il schématise le dessin en indiquant les zones d’ombre, les lignes de direction (plis d’un tissu ou les boucles de cheveux, par exemple), etc., tout en séparant le fond de la forme. Le dessin est ensuite fragmenté pour permettre la réalisation de l’œuvre en équipe, mais aussi pour faciliter son transport et sa pose in situ : c’est la découpe. Les différentes sections sont numérotées, tel un puzzle géant.
Ensuite, le mosaïste coupe les tesselles de la dimension et dans la forme nécessaires à son travail avec un marteau à double tranchant. Ensuite, le mosaïste assemble les tesselles en suivant les marques du dessin. Le travail de la pose des tesselles est soit à revers sur papier, ou directe sur différents supports. La méthode à revers (ou indirecte) permet un travail rapide en atelier pour un assemblage sur le site. La face de la tesselle destinée à être visible est collée provisoirement avant que l’ensemble ne soit retourné et recouvert à la truelle de ciment venant remplir les interstices entre les tesselles. Cela permet d’obtenir une surface plane, qui peut aisément être collée à son emplacement définitif. La méthode directe consiste à coller avec un mortier-colle les tesselles face visible sur un support provisoire, généralement un film en polyéthylène doublé d’un filet de fibre de verre. Ce procédé est généralement utilisé pour réaliser les détails délicats, notamment sur les mosaïques de grandes dimensions.
Sur le chantier de pose, le mosaïste - ou des ouvriers spécialisés, selon l’ampleur de l’ouvrage - prépare les surfaces à recouvrir et assemblent les différentes parties de bas en haut. Si besoin, un joint supplémentaire est fait avec un coulis de ciment teinté avec des oxydes ou des pigments dans la teinte générale de l’ensemble. Après le séchage, le mosaïste procède au ponçage (pour obtenir une surface lisse et mate) et/ou au lustrage (pour donner un aspect lisse et brillant).
En plus de la création, le mosaïste peut être amené à restaurer des mosaïques anciennes ou endommagées. Avant toute intervention, il doit analyser et documenter l'état de la mosaïque, avant de réaliser un relevé du contour de la lacune, de reconstituer le dessin originel sur un calque, avant de reproduire et de remplacer les morceaux manquants ou abîmés, tout en conservant l'authenticité de l’œuvre.
Le mosaïste conçoit et réalise des compositions artistiques en assemblant minutieusement des pièces de divers matériaux. Il doit avoir une vision artistique et technique pour choisir les couleurs, les formes (andamenti) **et rechercher les effets appropriés.
La précision et l'habileté manuelle sont essentielles dans la manipulation minutieuse des matériaux et le patient positionnement des tesselles pour la création des motifs. La dextérité est nécessaire pour découper, ajuster et assembler les morceaux avec précision.
Le mosaïste doit maîtriser les techniques de découpe, de collage, de jointoiement et de pose pour travailler efficacement avec les différents matériaux. Il doit également avoir des connaissances en chimie des matériaux pour bien comprendre et connaître leurs propriétés.
Le mosaïste travaille principalement en atelier. Pour mener à bien les projets qui lui sont soumis, il se déplace sur site en amont (prise de cotes, imprégnation du lieu, etc.), et en aval, pour la pose de son œuvre. Il travaille souvent en collaboration avec d’autres professionnels du bâtiment.
Le mosaïste travaille souvent en indépendant. Selon son ancrage sur le marché, il peut choisir le statut d’artisan ou d’auto-entrepreneur. Par ailleurs, il peut s’inscrire en tant qu’artiste à la Maison des Artistes. L’artisan mosaïste peut répondre à des appels d’offres privés ou publics, qui engendrent de gros chantiers réalisés en équipe. Le travail est déterminé par un temps de réalisation particulièrement long, ainsi seuls les artisans effectuant de grosses commandes peuvent se permettre de constituer une équipe.
On constate ces dernières années un regain d’intérêt de la part des architectes d’intérieur et des designers pour cet art classique.
La mosaïque étant d’abord un art monumental, le mosaïste a l’opportunité de contribuer à transformer certains espaces architecturaux. Cela peut concerner des pavements (sols, bassins, etc.), ou encore des murs, voire des colonnes. Ainsi peut-il contribuer à la décoration de restaurants, de piscines, d’écoles, de stations de métro, etc. Dans un autre domaine, le mosaïste peut également décorer du mobilier, comme des plateaux de table, des chaises de jardin, ou même, des objets (panneaux de nom de maison, tasses, plats, etc.).