Le marbrier travaille principalement le marbre, une roche prisée pour sa beauté et sa durabilité. Le professionnel est tout d’abord chargé de la découpe du bloc de marbre, le plus souvent brut, qu’il va chercher en carrière ou qu’il se fait livrer. Cette étape s’appelle le débitage. Grâce aux avancées technologiques, elle est effectuée avec des engins de manutention et une scie à eau. Le débitage du marbre s’effectue en fonction du devenir du bloc : s’il est utilisé pour des dalles, le marbre sera débité en plusieurs tranches de même épaisseur. S’il est utilisé pour du mobilier, la découpe sera plus épaisse. Une fois le bloc débité, celui-ci est ensuite transformé selon la forme et la fonction qui lui seront données. Cette opération s’effectue avec les techniques et outils traditionnels du sculpteur et du tailleur de pierre : le ciseau et la massette, auxquels s’ajoutent la genouillère (polissoire) et la débiteuse avec disque au diamant. Pour finir, l’objet est poli afin d’obtenir un rendu net et propre. En décoration et mobilier, le marbrier façonne des composants de cheminées, salles de bain, tables, cuisines, colonnes, escaliers, carrelages, fontaines, etc.
Nombreux sont les marbriers à se tourner vers le domaine de la marbrerie funéraire. Ils sont alors chargés de l’élaboration de monuments funéraires et assurent également leur entretien. La démarche est particulière, car le marbrier funéraire accompagne des personnes endeuillées. L’accueil de cette clientèle est la première étape de son travail. Il s’agit ensuite d’identifier les besoins des personnes selon le type d’inhumation prévu. Il faut ensuite définir le modèle de monument à établir. Le marbrier funéraire effectue alors une épure (dessin grandeur nature) qu’il envoie en carrière au fournisseur. Les étapes de fabrication du monument rejoignent celles de la marbrerie traditionnelle. Le plus souvent, le monument est ensuite gravé d’ornements et d’inscriptions, ce qui oblige le marbrier funéraire à avoir de bonnes notions de dessin et de calligraphie ou à faire appel à un graveur sur pierre. Ces inscriptions peuvent être dorées. Le marbrier funéraire fournit ensuite le monument au service de pose qui est chargé de sa mise en place et des travaux de finition. Il est également chargé de l’entretien des monuments. Le marbrier funéraire travaille essentiellement du granit.
Le marbrier est particulièrement concerné par le domaine de la restauration, qu’il s’agisse de mobilier ou de pavements, en raison du caractère traditionnel qu’elle revêt. Il utilise des techniques spécifiques pour réparer les fissures, les éclats ou les cassures, et il peut restituer l'apparence d'origine d'un élément en marbre qui a été remplacé en utilisant des méthodes de restauration appropriées. Par exemple, pour les dallages, l’arête de chaque dalle remplacée est équarrie (taillée en rectangle) et déformée dans sa périphérie, pour donner l’illusion qu’elle est là depuis des siècles.
Le marbrier doit bien connaître les propriétés de chaque type de marbre ou de granit travaillé. Il sera alors mieux à même de pouvoir conseiller ses clients sur le matériau, en fonction de sa couleur, de sa qualité, du type d’ouvrage demandé et de son environnement.
Le marbrier possède de solides notions de dessin et de géométrie dans l’espace afin de faire les relevés en restauration (calepinage) et de pouvoir proposer des projets qui répondent aux besoins esthétiques et fonctionnels de ses clients. Des erreurs de mesure ou des imperfections dans la coupe ou la finition du marbre peuvent compromettre la qualité finale du projet : une grande précision est donc de mise.
La manipulation et le déplacement permanents de blocs de parfois plusieurs tonnes, rendent le métier de marbrier très physique, même si des engins et outils de levage sont utilisés. Il faut être très rigoureux quant aux normes de sécurité : port de gants, de chaussures de sécurité, de lunettes de protection, etc.
Le marbrier travaille alternativement en atelier et sur des chantiers, le plus souvent en plein air. C’est en atelier qu’ont lieu les étapes de la découpe, de l’assemblage et du polissage des pierres. Le marbrier se rend ensuite sur le chantier afin d’installer ses créations. Pour ce faire, il travaille souvent en collaboration avec d’autres professionnels du bâtiment (maçons, architectes, etc.).
Le domaine particulier de la marbrerie funéraire nécessite des aménagements différents : le marbrier funéraire qui travaille à son compte doit ainsi posséder une boutique où il reçoit ses clients. Il doit également effectuer des visites sur les sites puisqu’il est chargé de l’entretien de ses productions. Cette spécialisation demande des qualités humaines très prononcées, puisque le marbrier funéraire accompagne les familles dans leur deuil.
Les entreprises de marbrerie sont généralement de petites structures artisanales de une à une petite dizaine de personnes.
Si le marché du marbre en France, dans le bâtiment, s’essouffle un peu, celui de la restauration ne faiblit pas. Afin de diversifier son offre, le marbrier choisit fréquemment d’acquérir des techniques de gravure et de sculpture pour proposer une offre adaptée à plusieurs types de clientèles. Ainsi, un marbrier peut cumuler les fonctions de tailleur de pierre et de marbrier funéraire en plus de son métier initial.
Les entreprises cherchent et peinent à trouver des marbriers qualifiés. Dans les entreprises les plus importantes, certains postes de travail peuvent être plus spécialisés : débitage (scieur), finition (polisseur), etc.