Le laqueur commence par préparer le support en fonction de la laque qu’il utilisera, car les produits ne sont pas tous compatibles entre eux. Il en existe trois types : végétale, animale ou synthétique. Généralement, le laqueur pose une toile sur le support et la colle avec un apprêt. La composition de l’apprêt et les techniques de pose sont différentes selon le type de laque. Pour la laque végétale par exemple, le support est entoilé avec un apprêt constitué d’argile et de laque. Tandis que pour les laques synthétiques, l’apprêt est un mélange de colle de peau de lapin et de blanc de Meudon (de la craie).
En fonction du rendu final souhaité, le laqueur sélectionne les couleurs. Pour la laque végétale, les couleurs sont restreintes : noir, rouge, jaune et vert. Pour les autres laques, la gamme de couleurs est très étendue. Pour les vernis gras, qui font partie des vernis synthétiques, il choisit des pigments de couleur qu’il mélange au vernis. Pour les vernis polyuréthanes, qui sont d’autres vernis synthétiques, il sélectionne des pâtes pigmentaires ou des colorants. Le laqueur peut également filtrer la laque pour la débarrasser des impuretés. Cette étape n’est pas toujours obligatoire.
Une première couche de laque est posée, généralement avec un pinceau. Après séchage, elle est poncée afin de polir les irrégularités. Le processus se répète selon le nombre de couches de laque nécessaires pour obtenir l’effet final désiré. Un ponçage fera ressortir les couleurs aux endroits voulus.
Selon le rendu final désiré, le laqueur peut utiliser différentes techniques de décor. Il peut ainsi jouer sur le relief ou découper différents éléments dans de la nacre, du métal ou des coquilles d’œuf, par exemple, et les insérer dans l’apprêt ou entre des couches de laque pour les faire ressortir au ponçage. Il peut aussi appliquer des feuilles d’or ou d’argent, ou encore de la poudre métallique. Une fois sèche, la laque devient très dure et se prête également à la gravure.
Enfin, le laqueur applique des couches de laque de finition qui donneront l’aspect de brillance et de profondeur propre à ce matériau. Un ponçage final donne de la douceur à la matière.
Le temps de séchage entre les différentes couches peut être très long. Il est important de se montrer patient et d’être bien organisé, afin de pouvoir travailler en parallèle sur différentes pièces.
Les différentes techniques de décoration (incrustation d’éléments, gravure, peinture, pose de feuilles d’or, etc.) demandent une grande minutie. Le laqueur joue avec les couleurs, les transparences, les jeux de lumière et de matière. Son sens de la création est très souvent sollicité.
Le laqueur travaille en atelier et exerce le plus souvent en entreprise individuelle, en tant qu’artiste ou artisan. Il est également possible de travailler dans des entreprises d’ameublement et de décoration, où le travail en équipe est nécessaire pour réaliser des grandes pièces.
Le travail du laqueur est très vaste : il peut s’agir de décors intérieurs, de décoration de mobilier ou de pièces d’artistes, d’objets ou d’accessoires. Les clients peuvent être des décorateurs, des particuliers ou des musées.
Il s’agit d’un métier de niche. Une centaine de professionnels indépendants exerceraient en France. Mais certains doivent avoir une activité complémentaire pour gagner leur vie, comme l’enseignement, ou d’autres techniques de création. La laque est abordée dans certaines formations supérieures d’arts appliqués, notamment à l’Ensaama à Paris. Toutefois, un perfectionnement auprès d’un professionnel est indispensable pour se spécialiser dans une technique de laque.