Lapidaire

Le ou la lapidaire taille et polit des pierres précieuses et fines (sauf le diamant, voir la fiche métier diamantaire) pour effacer leurs défauts, sublimer leur couleur et leur éclat. Il ou elle travaille des pierres brutes, ou déjà taillées, mais qui ont besoin d’être modifiées ou améliorées, pour qu’elles puissent s’intégrer dans un bijou ou un ornement. Le lapidaire donne à la pierre sa valeur ajoutée.

🖐️ Nature du travail

Sélectionner des pierres

La première étape du travail du lapidaire consiste à sélectionner les pierres dont la pureté et la couleur ne sont pas uniformes. Le lapidaire observe notamment les défauts (inclusions) et les veines de couleurs. Il regarde la partie de la pierre à mettre en valeur et l’orientation de la coupe à suivre. Cette étape est primordiale, car il s’agit de « comprendre la pierre », savoir d’où elle vient, pour la sublimer.

Les pierres travaillées par le lapidaire s’appellent des pierres gemmes. Celles-ci se divisent en trois catégories : pierres précieuses (rubis, saphir, émeraude), pierres fines (tourmaline, aigue-marine, topaze, etc.) et pierres ornementales (opale, jade, lapis-lazuli, turquoise, etc.).

Le choix des pierres est réalisé en fonction de critères esthétiques de rendu comme l’harmonie des formes et des couleurs. Il est aussi fait en raison de contraintes économiques : éviter les pertes, pesée et valeur en carats, etc.

Réaliser l’ébauche

Le lapidaire réalise un débrutage ou sciage : il donne à la pierre une première forme à l’aide d’une scie ou d’une meule. L’enjeu de la taille du brut est de produire les plus belles pierres taillées en termes d’éclat, d’intensité et de couleur, tout en conservant le poids maximum.

Réaliser le dessin préparatoire

Avant de se lancer dans la taille, le lapidaire prépare un dessin qui lui permettra d’être le plus précis possible. Il peut être assisté par des logiciels spécifiques de dessin qui lui permettent de se représenter l'objet à réaliser dans ses trois dimensions.

Tailler la pierre

La taille proprement dite débute par le dessus de la pierre pour élaborer la facette la plus grande, appelée table. Puis, sont réalisées les autres facettes tout autour de la table. Le lapidaire finit par la culasse (la partie inférieure de la pierre). S’il existe des formes définies de taille à facettes (émeraude, marquise, carrée, coussin, par exemple) ou en cabochon (plat, bombé, etc.), il revient bien au lapidaire de trouver la finition optimale en fonction de la pierre et de la demande de son client.

La taille s’effectue à l’aide d’outils tels que des scies ou des fraises diamantées, et des meules, lubrifiées avec de l’eau. Tout au long de ce travail, la pierre est fixée sur un petit bâton (appelé aussi crayon) avec une cire spéciale appelée ciment (c’est le cimentage), et le bâton est placé sur une évention. Cet appareil permet de le maintenir dans la bonne position pendant toute l’opération.

Ajuster

L’ajustage s’effectue autant sur des créations de bijoux que sur des bijoux anciens pour leur redonner leur éclat. Il s’agit d’un travail de grande précision qui consiste à retailler ou repolir une ou plusieurs pierres directement sur la pièce de joaillerie. L’objectif peut même aller jusqu’à ne plus voir la monture du tout (serti mystérieux). C’est une des spécificités du savoir-faire français, avec la réparation de pierres.

Polir

Le polissage est l’étape finale permettant d’éliminer les rayures à la surface et de révéler l’éclat maximal de la pierre. Les facettes sont polies une à une, avec des matériaux abrasifs de différents grains telle la poudre de diamant. Cela peut prendre de nombreuses heures, et les gestes sont répétitifs.

🤹 Compétences requises

Minutie et patience

Le métier de lapidaire exige beaucoup de concentration, de minutie et de patience, pour réaliser des opérations délicates, voire complexes, sur une matière fragile, rare et onéreuse. Afin d’être le plus appliqué possible, le lapidaire travaille avec une loupe.

Connaissance des pierres

Connaître la dureté, la pureté, le feu des gemmes (sa capacité à briller), leur « chatoyance », leur niveau d’inaltérabilité, fait partie intégrante du travail du lapidaire. En effet, le lapidaire doit sélectionner selon ses caractéristiques, la pierre la plus en adéquation avec le projet final à réaliser.

Connaissance de la chaîne de fabrication

Le travail du lapidaire est en lien étroit avec celui du joaillier qui conçoit et/ou réalise la forme du bijou dans laquelle va s’insérer la pierre taillée. Savoir quel est le rendu souhaité, quels matériaux seront utilisés après (or, argent, alliages, etc.), comment les pierres vont être montées, comment elles seront serties est donc fondamental. Parce que les pierres ne possèdent pas toutes des propriétés identiques, le lapidaire va sélectionner celles dont les qualités correspondent le mieux au projet final.

Respect des règles

La manipulation de matériaux précieux obéit à des règles précises qui doivent être strictement suivies. De plus, en raison de certaines émanations toxiques liées aux acides utilisés, le respect de consignes de sécurité et le port d’équipements de protection sont indispensables.

🔭 Perspectives

Environnement de travail

Le lapidaire exerce en atelier sur un établi, dans des entreprises qui réalisent majoritairement des opérations d’ajustement pour la haute joaillerie, de réfection de pierres abîmées ou de négoce de gemmes. L’ambiance de travail est calme, propice à une concentration maximum. En France, on estime à une trentaine le nombre d’ateliers, concentrés dans le Haut-Jura et en Île-de-France, dont une majorité à Paris.

Statuts

Le lapidaire est majoritairement salarié. Toutefois, après plusieurs années d’expérience, il peut créer son propre atelier.

Opportunités

Au fil du temps, le lapidaire peut devenir chef d’atelier ou chef de fabrication au sein d’une entreprise. Dans les pays producteurs de pierres fines et précieuses, on trouve des centres de taille - à Anvers, Bangkok, Bogota, Bombay, Jaipur, New York ou Tel-Aviv, par exemple - qui représentent également un débouché.

Bon à savoir

La profession est très demandée, notamment dans le secteur du luxe, et les clients recherchent de plus en plus de créativité. Des formations professionnelles continues existent pour se perfectionner, en gemmologie par exemple, pour devenir négociant en pierres.

💠 Métiers proches

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  • Glypticien / glypticienne✨
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  • Lapidaire tourneur / tourneuse sur pierres dures et fines ✨
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