Avant de commencer son travail, l’émailleur doit nettoyer méticuleusement la pièce métallique pour éliminer toute trace de saleté, de graisse ou d'oxydation qui pourrait compromettre l'adhérence de l'émail. Il peut appliquer une couche de fond afin d’optimiser l'adhérence de l'émail à la surface métallique, fournissant ainsi une base de travail lisse.
L’émail est composé de verre ou de cristal très raffiné, coloré à l’aide d’oxydes métalliques, broyés puis tamisés, afin d’obtenir une poudre fine et épurée de toute particule polluante. L’émailleur doit faire attention à bien anticiper les couleurs souhaitées après cuisson, car une poudre d’émail n’a pas la même couleur avant et après son passage en cuisson. Il sélectionne ses émaux en fonction du projet artistique, considérant les couleurs, mais aussi les propriétés de fusion des différents émaux utilisés. Le métier d’émailleur sur métal nécessite une phase d’échantillonnage très importante. Il est important pour l’émailleur d’établir un nuancier personnel en fonction des résultats voulus après cuisson, afin d’assurer une qualité et une cohérence optimales.
L'émail s'applique sur du cuivre, de l'acier, de l'argent, de l'or et quelques alliages, préalablement mis en forme. Il existe des techniques d'application variées pour la pose des émaux. Selon la technique et les outils utilisés (pinceau, seringue, spatule, ou encore immersion), le rendu sera différent, créant ainsi des textures, des motifs et des effets spécifiques.Parmi les techniques les plus pratiquées, on retrouve le champlevé (cavités creusées dans lesquelles l’émail en poudre humide est déposé), l’émail vallonné (cavités creusées avec différents reliefs avant d’appliquer les émaux), le cloisonné (émail délimité par des cloisons), l’émail peint (pose au pinceau), la grisaille (effet de clair-obscur à partir de deux teintes d’émail blanc et noir), ou encore la plique-à-jour (pose de l’émail dans des alvéoles sans fond, visibles sur l’endroit et l’envers de la plaque, semblable à du vitrail).
Avant de lancer la cuisson, l’émailleur doit s’assurer que l’eau contenue dans l’émail a complètement disparu, soit en absorbant le surplus d’eau avec un essuie-tout, soit en attendant son évaporation complète. La pièce peut alors être placée au four pour être vitrifiée en atteignant sa température de fusion (entre 770 °C et 850 °C). La cuisson est l’étape qui permet de révéler les couleurs définitives de l’émail, et de donner tout l’éclat à la pièce. L’émailleur peut avoir recours à plusieurs cuissons pour ajouter des couches supplémentaires d'émail, ou pour améliorer l'adhérence. Certaines pièces peuvent ainsi subir plus d’une trentaine de cuissons différentes.
L'émaillage sur métal est un processus qui demande une grande précision et une attention particulière aux détails. La rigueur est essentielle pour suivre toutes les étapes : préparation de la surface métallique, application de l'émail, et cuisson. Chacune d’elles doit être réalisée avec soin pour assurer un résultat final de haute qualité. Le processus d'émaillage est long et exigeant. Il est nécessaire de faire preuve de beaucoup de patience, afin de rester concentré et de ne pas se précipiter. Le but est d’éviter les erreurs qui pourraient compromettre le résultat final.
L'émaillage sur métal nécessite de faire appel à différents sens. La vue permet de détecter les moindres imperfections dans la surface du métal, les variations et les nuances subtiles des couleurs, ainsi que la texture de l'émail pendant le processus de cuisson. L’ouïe, car l’émailleur doit être capable de préparer ses émaux grâce à un pilon et un mortier. C’est à l’oreille et à l’œil qu’il peut déterminer si la finesse de la poudre d’émail est suffisante pour son projet.
Bien que l'émaillage sur métal implique l’utilisation de techniques traditionnelles, il offre également un espace pour l'expression créative. Les émailleurs doivent être capables de concevoir et de créer des pièces uniques en utilisant leur imagination et leur créativité. L’émailleur peut développer de nouveaux motifs, combiner et/ou créer différentes couleurs d'émaux pour créer des effets visuels intéressants. Il peut être amené à explorer et à développer des techniques nouvelles pour produire des résultats innovants.
L’émailleur peut évoluer au sein d’une entreprise et travailler sur divers projets (bardage, signalétique, plateaux de table, enseignes, objets destinés à l’alimentaire). Il peut également s’installer à son compte et ouvrir son propre atelier. En travaillant dans son atelier, l’émailleur sur métal pourra alors faire le choix des projets sur lesquels il souhaite travailler, et se spécialiser. L’émailleur travaille souvent seul, et plus rarement avec des collaborateurs. Il peut être amené à s’associer à des restaurateurs d’objets d’art, des métalliers, des architectes, ou encore des artistes.
Aujourd’hui, l’émailleur sur métal a le choix entre trois statuts principaux : artiste, artisan ou auto-entrepreneur. Le manque d'employeurs conduit ce professionnel à travailler en tant que sous-traitant, ou à accepter des commandes directes. Pour compléter ses revenus, l’émailleur sur métal propose également des stages de formation.
L'émaillage sur métal connaît un regain de popularité ces dernières années. Les artisans et les designers redécouvrent les possibilités esthétiques et fonctionnelles offertes par cette technique. En effet, elle offre une variété de couleurs et de textures, mais également une durabilité et une résistance à la corrosion, ce qui en fait un choix populaire.
Il est bon de noter que, comme dans tous les métiers, les émailleurs sont amenés à innover pour faire face à la crise énergétique et aux manques de matières premières. Les réglementations environnementales concernant le plomb changent et induisent une source d’inquiétude. Les émailleurs ont cependant obtenu une exemption afin de trouver des solutions alternatives. Les émaux contenants du plomb ne sont pas utilisés lors de la formation à l’émaillage.