Doreur sur cuir / Doreuse sur cuir

Le doreur ou la doreuse sur cuir titre et décore surtout les plats et les dos des livres reliés, et aussi parfois des produits de gainerie (sous-main, corbeille à papier, etc.). Il ou elle utilise différents types de fers à dorer qui permettent de « chauffer » l’or et de le « pousser » sur la peau.

🖐️ Nature du travail

Tracer le décor

Le traçage du décor sur les plats et les dos des reliures se fait généralement directement sur le livre. Le doreur sur cuir « pousse » (c’est-à-dire, imprime) le fer préalablement chauffé pour réaliser une empreinte. Ce fer à dorer peut avoir différentes apparences : poinçon gravé d'un motif unique (fleurons, palettes, caractères assemblés ou non sur un composteur, plaques) ou d'une roulette (dont la forme permet la répétition du motif). Pour un filet sans motif, l’artisan pousse la roulette d’une seule traite. Pour les roulettes avec des motifs, il doit avoir un geste régulier et légèrement saccadé de haut en bas, tout en adoptant un balancement de droite à gauche afin que le motif s’imprime en entier sur le cuir avec un enfoncement régulier et pas trop profond. Le doreur sur cuir revient plusieurs fois dans la trace jusqu’au résultat recherché.

Poser l’apprêt

Le cuir à dorer est recouvert d’un apprêt chimique (le Fixor) ou d’un mélange naturel composé de blanc d’œuf et de vinaigre d’alcool. À l’aide d’un pinceau très fin, le doreur sur cuir pose deux couches de cet apprêt dans les traces laissées par le fer. Cet apprêt servira de colle activable à chaud pour fixer l’or. Après un temps de séchage qui varie selon l’apprêt utilisé (quatre heures pour le Fixor, entre une demi-heure et une heure pour l’apprêt traditionnel), le doreur sur cuir peut procéder à la couchure.

Dorer à la feuille d’or

Pour réaliser la couchure, le doreur sur cuir découpe un morceau de feuille d’or à la dimension voulue. Elle est délicatement posée sur l’emplacement à dorer à l’aide d’un doigt légèrement graissé ou d’un couchoir, et de coton. Le fer à dorer est de nouveau chauffé. C’est au bruit que fait le fer chaud sur une éponge gorgée d’eau que le doreur connaît la bonne température de son fer pour la dorure (environ 100 °C). Le fer est alors poussé dans la trace en utilisant la force musculaire du doreur sur cuir ou la force mécanique d’une machine (presse à dorer, utilisée notamment pour les plaques). Le mouvement manuel doit être précis et délicat : la pression (de bas en haut et de droite à gauche) doit se faire dans les traces faites antérieurement. Le surplus d’or est enlevé avec une flanelle, et est récupéré dans une « cloche à or » (boîte permettant de récupérer la poussière d’or non utilisée). Alors apparaît le motif créé par l’outil. Il reste au doreur sur cuir à polir le motif avec un fer à polir chauffé, afin de donner la brillance à sa dorure.

Restaurer des dorures anciennes

Le doreur sur cuir peut se spécialiser dans la restauration de cuir anciens ou de cuirs de Cordoue (cuir d'apparence doré, de couleur et ayant un aspect de cuir repoussé, en relief, par gaufrage). Ses opérations de restauration peuvent le conduire à reproduire le motif à restaurer et à en faire fabriquer un nouveau fer. Pour les reliures datant du XVIe au XVIIIe siècle, il adopte la technique de dorure de l’époque, à savoir, la dorure non tracée. Elle est alors réalisée en une fois par l’impression du motif en poussant le fer directement sur la feuille d’or, sans traçage préalable.

🤹 Compétences requises

Minutie et délicatesse

Afin de réaliser des décors précis et réguliers, le doreur sur cuir doit faire preuve d’une grande minutie ainsi que d’une extrême régularité dans ses gestes manuels. Il en va de même pour l’étape de la dorure : la pose de la feuille d’or, le retrait du surplus d’or et le polissage doivent être faits avec délicatesse, car la qualité du résultat en dépend.

Connaissance des styles et créativité

Le doreur sur cuir connaît les styles anciens, motifs et lettres utilisés autrefois pour ses travaux de restauration, ou de fac-similé. Il fait preuve de créativité, notamment pour les travaux de reliure contemporaine. Ainsi, des travaux de dorure peuvent aussi être réalisés sans l’utilisation de l’or. Il s’agit de gaufrage pour une simple empreinte, de cuir frappé à froid pour réaliser des décors très travaillés, de l’utilisation de films de toutes les couleurs, de mosaïques, d’incrustations et de collages.

🔭 Perspectives

Environnement de travail

Le doreur sur cuir travaille dans un atelier où priment un certain ordre et la propreté : ses fers doivent être bien rangés et classés. Bon nombre de ses tâches se font debout, penché sur les livres ou autres objets qu’il orne. Il a une certaine force physique dans les bras pour réaliser le gaufrage du cuir, préalable à la dorure.

Statuts

Le doreur sur cuir peut être artisan, salarié ou employé dans la fonction publique (dans ce cas, il doit passer un concours). Il exerce dans des ateliers de dorure à part entière ou, plus généralement, dans des ateliers qui regroupent des doreurs et des relieurs.

Opportunités

Certains doreurs sont spécialisés uniquement dans les travaux de gainerie (dessus de bureaux, sous-mains) ou de restauration. Il s’agit d’un métier assez confidentiel, qui intervient surtout en restauration ou pour des éditions de luxe. La clientèle du doreur est assez diversifiée. Elle peut comprendre des relieurs, des librairies, des bibliothèques, des particuliers (personnalisation d’objets : initiales, livre d’or, album photos, etc.), des institutions et des administrations.

Bon à savoir

Reliure et dorure sont le plus souvent apprises de concert : généralement, les doreurs sur cuir sont passés par une formation en reliure.

💠 Métiers proches

  • Doreur / doreuse sur tranche ✨
  • Gainier / gainière ✨
  • Gaufreur / gaufreuse sur cuir ✨
  • Relieur / relieuse ✨
  • Restaurateur / restauratrice de documents graphiques et imprimés ✨