La fabrication d’un ornement de couverture débute par son dessin en DAO (dessin assisté par ordinateur) : un plan et une épure sont alors imprimés. S’il s’agit d’un ornement à restaurer, le couvreur ornemaniste a établi au préalable un relevé coté très précis de la pièce.
Le couvreur ornemaniste ne fait jamais deux fois la même chose : le travail en série est très rare. Il va surtout faire de la reproduction d’après modèle en restauration, ou bien de la création. Lucarnes, d’œils-de-bœuf, galeries décoratives, frises ouvragées, épis de faîtage, flèches, gargouilles ou encore girouettes, coqs et chimères sont les réalisations uniques et originales qu’il façonne dans son atelier avant de les poser sur le toit, en même temps que les éléments de couverture (tuiles, ardoises, métal en feuille, etc.) assurant l’étanchéité et la mise hors d’eau du bâtiment.
Les ornements réalisés par le couvreur ornemaniste sont surtout faits avec du zinc, du cuivre ou du plomb. Bien souvent, il fabrique lui-même l’outillage dont il a besoin, notamment les moules et matrices pour le martelage du métal, par exemple. Pour ce faire, il met en œuvre des techniques de sculpture et de tournage sur bois, de moulage, de fonderie. Ensuite, pour faire naître de la feuille de métal plane qu’il travaille une forme en trois dimensions, il utilise les procédés correspondant à la fois au métal travaillé et à la forme voulue. Par exemple, pour travailler de gros éléments d’architecture en zinc, telles les lucarnes, le couvreur ornemaniste plie les éléments de l’ouvrage au moyen d’une plieuse à zinc. Pour obtenir des formes creuses, il utilise un tour à repousser dont il a lui-même fabriqué les mandrins en bois dur, qui sont fixés sur l’axe du tour. Par le martelage - dont les techniques varient - il peut créer des formes en creux. Ce travail est très délicat, car l’ornemaniste doit savoir frapper avec précision en dosant la force des coups afin de ne pas déchirer la matière.
Une fois la pièce mise en forme, le couvreur ornemaniste doit l’ébarber (c’est-à-dire découper à la cisaille le surplus de métal entourant le motif), la limer. Il assemble les différentes pièces par soudure ou rivetage, donnant ainsi à l’ouvrage sa forme finale. Si la pièce est volumineuse, l’ornemaniste doit créer une ossature en fer afin que l’ouvrage conserve sa forme des années durant. Lorsque l’ornement est en plomb, métal mou et se dilatant sous l’effet de la chaleur, on ajoute, en plus de cette armature métallique, une enveloppe en cuivre qui épousera la surface interne de la pièce afin que celle-ci ne s’affaisse pas. En termes de finitions, le couvreur ornemaniste peut recourir à la ciselure et à la gravure pour donner des effets de relief aux surfaces, ou encore au brunissage (pour donner du brillant à la matière tout en conservant les facettes laissées par le martelage à la surface de l’ornement) ou au polissage.
Le couvreur ornemaniste a nécessairement un sens artistique développé. Il est capable de créer ou de reproduire des éléments de décoration harmonieux qui s'intègrent parfaitement à l'architecture environnante et qui sont adaptés au prestige des monuments sur lesquels il peut travailler. Ainsi, une bonne connaissance du patrimoine architectural, des styles et des techniques utilisés dans différentes époques est essentielle pour la restauration d'éléments décoratifs.
Le couvreur ornemaniste maîtrise des techniques et utilise des outils très variés : il doit faire preuve de beaucoup de polyvalence. Il est toujours en recherche d’améliorer sa façon de travailler les métaux pour aboutir au meilleur rendu. Généralement, il se spécialise, sur une ou deux techniques phares.
Le couvreur ornemaniste fait preuve de beaucoup de rigueur dans l'exécution de son travail : il est soucieux du moindre détail sur la qualité de sa production. Un sens aigu de l'observation lui permet de détecter les détails des pièces à reproduire fidèlement, garantissant ainsi un résultat final de haute qualité.
Le couvreur ornemaniste travaille principalement dans son atelier pour la réalisation des pièces. Il est aussi amené à se rendre sur les chantiers de rénovation ou restauration afin de poser ses ornements. Ses conditions de travail en extérieur peuvent donc varier en fonction des conditions climatiques. En atelier, il doit veiller aux normes de sécurité liées à l’usage de ses machines et outils. Sur les chantiers, souvent en hauteur sur les toits, il doit respecter les normes de sécurité pour prévenir les chutes.
Il existe actuellement très peu d’entreprises de couverture ornementale en France. Ces dernières sont surtout de petites structures artisanales. Avec l’expérience, le couvreur ornemaniste peut devenir le gérant de sa propre entreprise.
L’activité du couvreur ornemaniste est principalement tournée vers la restauration et la reproduction. Dans le plan d’urbanisation de Paris entrepris par Haussmann au XIXe siècle, les toits de la ville ont été habillés de zinc et dotés de nombreux œils-de-bœuf, de lucarnes, etc. Également, nombre de châteaux, d’édifices religieux, de monuments comportent des ornements nécessitant une restauration. Ils représentent une source importante de travail. D’ailleurs, ce marché de la restauration du patrimoine architectural concerne aujourd’hui l’Europe entière. Le métier de couvreur ornemaniste, bien que peu connu et peu développé, offre donc des perspectives d'insertion intéressantes pour les professionnels qualifiés : avec la demande croissante de restauration du patrimoine architectural et la volonté de préserver l'aspect esthétique des bâtiments, les couvreurs ornemanistes sont sollicités pour leur expertise.
La maîtrise des compétences de base du couvreur est importante et nécessaire pour exercer le métier de couvreur ornemaniste. Les personnes qui maîtrisent cet art ont généralement commencé par une formation de couvreur avant de se spécialiser dans l’ornementation. D’autres sont d’abord passées par une formation de chaudronnier dans l’industrie, avant de bifurquer vers le travail du métal pour l’ornementation.