Le bijoutier en métaux précieux exerce un art multiséculaire. Son travail consiste à sublimer des métaux nobles tels que l’or, l’argent ou le platine. En fonction de la demande à traiter, le bijoutier en métaux précieux dessine des croquis de sa future création. Selon les cas, il peut aussi réaliser un dessin technique précisant ainsi tout ce qui est nécessaire au bon montage du bijou (dimensions, matériaux, système d’attache, etc.). Il peut aussi faire une impression 3D ou une maquette en cire de sa création, afin d’avoir une idée la plus précise possible du rendu et du confort de port du bijou.
À partir de sa maquette, le bijoutier en métaux précieux confectionne un moule. Avec la technique de la fonte à la cire perdue, le moule, doté de deux orifices, laisse échapper la cire qui est remplacée par le métal en fusion. Si le moule est en argile, une fois refroidi, il est cassé pour faire naître l’objet en métal précieux qui, dans ce cas, sera unique. Reste alors au bijoutier en métaux précieux à limer, poncer et polir le métal afin de lui donner tout son éclat ou le rendu voulu (satiné, brossé, etc.).
Quand la forme de la pièce à réaliser est trop complexe, le bijoutier en métaux précieux peut aussi la réaliser à la main. Dans ce cas, le travail est fait à partir du lingot de métal. En fonction de la nature du bijou à créer, la matière sera soit laminée et transformée en plaque, soit tréfilée et transformée en fil. La plaque est ensuite découpée et mise en forme par emboutissage et par pliage. Le fil est, quant à lui, découpé, tordu et étiré à l’aide de pinces, de mandrins et de triboulets (tige permettant de mesurer le diamètre des bagues). Les différents apprêts du bijou sont ensuite assemblés par soudure (chatons, fermoirs pour bracelets et colliers, systèmes pour broches ou pour boucles d’oreilles).
Pour le travail des métaux, deux poinçons sont obligatoirement apposés sur la pièce terminée par le bijoutier en métaux précieux : celui du fabricant et celui de la garantie du titre certifiant le métal précieux utilisé. La forme du losange correspond au poinçon des fabricants français. La forme ovale signifie que le bijou a été fabriqué hors de France. Pour les poinçons de garantie, ils diffèrent selon le poids du métal contenu dans le bijou.
Le bijoutier en métaux fait preuve d’une extrême minutie lors de la création de ses pièces. En effet, l’assemblage, en particulier celui des apprêts, se joue parfois au dixième de millimètre près. Le travail sur des pièces de très petite taille implique d’avoir des gestes sûrs, précis, et de savoir se concentrer afin qu’aucun détail ne soit négligé.
Le bijoutier en métaux précieux est un expert de la fonte de ces métaux : il maîtrise le maquettage, le moulage, et la fonte en elle-même, quelle que soit la technique. Par ailleurs, il sait préparer des alliages (mélange de plusieurs métaux), ce qui nécessite de sa part de bonnes notions de physique et de chimie.
S’il ne réalise pas lui-même toutes les étapes du processus de fabrication de ses bijoux, le bijoutier en métaux précieux sait s’entourer d’autre professionnels, notamment pour réaliser certaines finitions ou certaines étapes de montage du bijou. Il peut, par exemple, faire appel à un argenteur/doreur, à un graveur ou à un sertisseur, s’il ne possède pas lui-même tout le spectre des compétences, ou bien s’il préfère sous-traiter ce genre de tâches pour se consacrer pleinement à sa spécialité.
Les bijoutiers, y compris ceux en métaux précieux, sont, pour la majorité d’entre eux, implantés dans des grandes villes. Les artisans associent souvent atelier de fabrication et boutique. En phase de création et de fabrication, ils passent la majeure partie de leur temps à l’établi. Certaines périodes de l’année sont plus propices à une hausse du nombre de commandes (fêtes de fin d’année, Saint-Valentin, fête des mères, etc.). Aussi, les horaires peuvent être à ces occasions très irréguliers, afin que toutes les commandes puissent être honorées à temps.
Le bijoutier en métaux précieux peut être salarié dans une entreprise comme spécialiste de la fonte des métaux précieux. Il peut aussi être artisan à son compte. Dans ce dernier cas, il lance souvent sa propre marque de bijoux ou bien travailler en sous-traitance.
Le secteur de la bijouterie française est dynamique et est reconnu mondialement. Le bijou connaît un véritable changement de statut en tendant à devenir un accessoire de mode, lié à un achat d’impulsion. Le marché est donc en train de s’élargir. Des emplois salariés nombreux existent, qui sont liés au remplacement des professionnels partant à la retraite. On les trouve tant en boutique de ville que dans des maisons très prestigieuses.
Il n’est pas rare que les métiers de bijoutier (en métaux précieux) et de joaillier soient associés : le travail de métaux précieux et de pierres précieuses va souvent de pair dans la fabrication d’un bijou. À noter pour les professionnels qui s’installent à leur compte, qu’une installation représente un certain investissement entre le matériel de fabrication, mais aussi l’acquisition et la mise en sécurité de matériaux coûteux.