L’âtrier conçoit et restaure uniquement des cheminées à foyer ouvert et les inserts, ces caissons métalliques fermés et encastrés dans une cheminée. Pour la mise en œuvre de la cheminée, l’âtrier examine l’existant, notamment la résistance mécanique et thermique des sols et des murs et protège l’environnement du chantier. Il réalise ou restaure le foyer (souvent en briques, de carreaux ou de fonte) et l’avaloir (élément généralement en forme de pyramide tronquée qui coiffe l’âtre) qu’il raccorde au conduit. Dans le cas où le conduit de fumée et la souche de cheminée sont inexistants, l’âtrier fait appel à des maçons et des couvreurs.
L’âtrier pose le soubassement de la cheminée et des jambages. Les côtés, le sol et le fond du foyer devront ensuite respecter une unité de construction. Il pose les briques réfractaires une à une, en prenant soin de créer des ponts thermiques entre les différentes parties pour répartir la chaleur. Enfin, il réalise l’avaloir et le raccorde au conduit de fumée avant de terminer par le coffre qui dissimule toute la partie technique. Il aménage également des prises d’air extérieures si besoin, car les bâtiments d’aujourd’hui, bien isolés, ne laissent pas passer l’air nécessaire à la combustion du bois.
L’âtrier fabrique des pièces uniques et sur mesure pour créer ou restaurer des cheminées de marbre, de pierre ou de bois. Dans son atelier, il conçoit ou reproduit les éléments décoratifs du linteau, de la tablette et des jambages ou piédroits qui, avec les ébrasements, délimitent l’ouverture de la cheminée. Il met en forme les matériaux et les éléments de décor. Ces derniers peuvent être très divers et varient selon les styles de cheminées : marbre ou pierre moulurée, bois sculpté, etc. En décor contemporain, des matériaux moins “conventionnels” peuvent être utilisés : gypse, carreaux ou moulages de faïence, terre crue ou cuite, métal (fonte, acier, bronze), béton, etc.
L’âtrier est capable de maîtriser la taille et la pose de tout types de matériaux (pierres, métaux, briques, etc.) dont il connaît la résistance thermique.
L’âtrier a de bonnes connaissances en fumisterie : il doit comprendre les principes de mouvement d’air au sein d’un conduit de fumée pour assurer le rendement thermique et le bon tirage d’une cheminée. Il applique les règles contenues dans les DTU en vigueur : il s’agit de documents techniques unifiés qui comportent les règles techniques relatives à l’exécution des travaux de bâtiment, notamment en matière de construction de cheminées, dans la prévention des risques d’incendie ou d’émission de gaz toxiques.
L’âtrier connaît l’histoire de l’art et des styles et travaille souvent avec des architectes décorateurs pour intégrer les âtres dans les projets de construction ou de rénovation qui lui sont confiés. Il a un sens esthétique affirmé afin que sa création s’intègre de façon harmonieuse avec la pièce dans laquelle elle se situe.
Le métier d’âtrier est exigeant par la polyvalence et la disponibilité qu’il requiert pour se déplacer sur les chantiers. Le port de charges lourdes nécessite une bonne condition physique. Les âtriers dont la création ou restauration de cheminée est vraiment le cœur de métier sont pour la plupart artisans. Ils travaillent surtout avec des architectes décorateurs, des parqueteurs et d’autres professionnels du bâtiment.
Le marché de la restauration, notamment les monuments historiques, constitue un débouché de plus en plus important pour les âtriers, mais ce marché reste plutôt une niche. Et si le marché du chauffage au bois connaît un engouement croissant, il ne touche pas les cheminées à foyer ouvert, mais les inserts et poêles.
Les professionnels spécialisés dans la cheminée ancienne ont généralement suivi un CAP de marbrier ou de tailleur de pierre puis se sont spécialisés dans la réalisation de cheminées et les techniques de fumisterie en apprenant directement en entreprise.